Les essais en charge des appareils de levage

Les essais en charge faits de façon périodique, des appareils de levage… hou ! sujet lourd (oui ok elle n’est pas très bonne, mais j’assume…) 🤭
Les essais en charge des engins de levage sont imposés par l’arrêté du 1er mars 2004 relatif aux appareils de levage et par la directive machine 2006-42 CE (dans le cadre de « l’aptitude à l’emplois »).
Il y a ceux que l’on doit réaliser lors des vérifications périodiques (VGP) et ceux que l’on fait à la mise en service ou remise en service des appareils de levage, que l’on appelle « épreuves ». 

Les essais en charge fait lors de VGP

Dans les essais en charge fait lors des VGP, il y a ceux statiques et ceux dynamiques. Il faut totalement les différencier des épreuves car ils n’ont pas tout à fait le même but ! Pour rappel, les « épreuves » sont réalisées uniquement pour mise et remise en service avec des coefficients de surcharge et sont définies dans les articles 10 et 11 de l’arrêté du 1er mars 2004 ainsi que dans la directive machine 2006-42 CE, au point 4.1.3.
Les essais en charge peuvent être fait en dynamique ou en statique et sont définis au a) et au b) de l’article 6 de l’arrêté du 1er mars 2004. Ils sont réalisés lors des vérifications périodiques (VGP). Pour en savoir plus sur les VGP, vous pouvez lire notre article à ce sujet.
Appareil de levage en charge

Les essais de fonctionnement en statique à charge nominale, sont utilisés UNIQUEMENT pour vérifier l’étanchéité d’un circuit hydraulique (ou autre fluide). 

Les essais de fonctionnement en dynamique, à charge nominale sont utilisés pour tester l’efficacité de freinage d’un frein mécanique (à disque, conique, à tambour, etc.). C’est à dire sa capacité à arrêter une charge en mouvement. D’ailleurs, pour les essais des freins de levage, il n’y a absolument aucun intérêt à tester un frein mécanique en statique en tirant sur un dynamomètre accroché à un point fixe. Déjà, c’est dangereux, car si quelque chose casse, je vous laisse imaginer la réaction… Et s’il n’y a pas de casse, cela ne montrera rien non plus, car il n’y aura aucun mouvement du dynamomètre. À moins que le frein ne soit TOTALEMENT DETRUIT, ce que, j’espère, l’utilisateur aura déjà constaté bien avant.

Alors quel essai pour tester un frein de levage ?

Le seul essai valable pour tester un frein de levage est de lancer une masse en descente et de constater la distance que mettra le frein à arrêter cette masse. C’est ce que l’on appelle mesurer « le glissement » (voir la vidéo ci-contre). Il n’y a pas de valeur de distance d’arrêt de référence. Seule la notice du fabricant peut en donner une. En cas d’absence de notice, c’est l’expérience du vérificateur qui lui permettra de jauger, en fonction du matériel et de son utilisation, la normalité et la dangerosité de ce glissement (pas facile, j’en conviens, mais on est là pour ça).
J’insiste sur ce point, car j’entends et je lis quelques fois (même chez certains confrères qui en font la pub sur leur site internet) que certains pratiquent ce type d’essais inutiles et pensent répondre ainsi à l’obligation définie dans l’arrêté du 1er mars 2004.
En effet, croire qu’un essai de traction statique sur un dynamomètre est aussi utile qu’un essai dynamique en descente, correspond à penser que : monter une pente en marche arrière avec sa voiture et s’arrêter en haut, sera exactement identique à lancer la même voiture chargée au maximum (avec femme, enfants, le chien et les bagages pour les vacances), depuis le haut de la même pente. Et qu’une fois lancé à pleine vitesse, vous allez pouvoir vous arrêter aussi court quand vous arriverez en bas… À mon avis, si le frein glisse ne fusse qu’un peu, ça va faire de la casse. 
Pour conclure, comme disait notre grand philosophe Coluche, « quand elles ont la tête rentrée dans les épaules comme ça, c’est qu’elles ne sont pas contentes ». 😉
NB : Pour rappel, ce point est bien vu dans la question 17 de l’ED6339 page 14 de l’INRS (accessible à tous).
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